Le train de 6h47
Le quai était désert, sauf cette valise rouge, seule, qui attendait depuis trop longtemps qu'on vienne la réclamer. Le chef de gare l'avait remarquée au premier train, sans oser y toucher.
Personne ne s'en approchait. Comme si chacun, en la voyant, se souvenait d'un départ qu'il aurait préféré oublier — une main lâchée sur un quai, une promesse repliée au fond d'une poche.
Sauf l'enfant. Il tira la manche de sa mère, désigna la valise, et dit ce mot que personne n'osait formuler tout haut : « Elle bouge. »
La femme dit à son fils : - Mais non Gabriel, c'est impossible ! Une valise ne bouge pas toute seule. - Je t'assure Maman, elle a bien bougé, je l'ai vu, deux fois même ! Dit Gabriel du haut de ses 8 ans. Le garçon téméraire insista est lâcha la main de sa mère afin d'aller percer ce mystère par lui même. Il courut et saisit la valise comme on attrape un vieil ami perdu depuis quinze an. La femme tenta de restaurer l'ordre et de retenir son fils, celui-ci était trop rapide. La valise était terriblement lourde, dans la précipitation Gabriel fut tomber cet objet plein de secret, la fermeture s'ouvrit alors à cause du choc. C'est alors que quelque chose apparut. L'enfant n'en croyait pas ses yeux.