La Mariée de Cire
En ce temps-là, dans une ville du Nord où les hivers duraient sept mois, vivait un maître cirier du nom de Josse Candelin. Ses cierges brûlaient droit, sans larme et sans fumée, et l’on venait de trois paroisses pour ses chandelles de baptême. C’était un homme habile. C’était aussi un homme froid, et l’on ne sait jamais lequel des deux fait l’autre.
Les femmes de la ville l’avaient trouvé beau, autrefois. Il les avait trouvées imparfaites. À celle-ci il reprochait le rire trop haut, à celle-là une dent grise, à la troisième des mains rougies par la lessive. Il vieillissait seul entre ses cuves, et disait à qui l’écoutait :
— La femme qu’il me faut, aucune mère ne l’a faite. Je me la ferais mieux moi-même.
On riait. On aurait mieux fait de se signer.
Car un soir de décembre, Josse Candelin ferma sa boutique, monta à l’atelier, et commença.
Il la fit de sa plus belle cire, celle des abeilles d’été, blonde comme un matin.
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